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18.12.08
Symptôme d'une inadaptation
On devrait toujours chercher à contredire ses opinions, à falsifier ses certitudes. Mais notre cerveau semble suivre une pente inverse, il tient spontanément pour vraies ses propres pensées. Le phénomène est caricatural chez des personnes butées, fermées au doute et à la critique, arc-boutées sur des croyances ayant le statut de Vérité intouchable. Cependant, il n’épargne pas non plus les esprits réputés libres de philosophie ou de la science, où l’on voit toujours survivre un certain temps les hypothèses et les théories contredites par les observations. D’où l’intérêt d’une extension permanente du débat sous forme de falsifications réciproques des opinions, afin de compenser notre paresse cérébrale à douter, notre confort intellectuel à croire. Hélas, cette lutte perpétuelle pour la survie des idées les plus solides n’est pas agréable du tout pour beaucoup, elle provoque souvent peur ou douleur, désarroi ou colère – et ce désagrément indique que l’évolution n’a pas fait tout son travail sur notre jeune organe pensant, elle qui joint habituellement l’agréable à l’utile.
10.12.08
Sur un banc
La philosophie étudie parfois le langage ordinaire ou naturel, parfois le langage logique ou formel. Par-dessous tout, elle parle le langage philosophique lui-même, comme les vieux marmonnent un patois sur leur banc, pendant qu’on rase leur maison.
7.12.08
Mélopée cynique
«Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l’instinct, comme celui du pauvre, du bohémien, et de l’histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne de l’intelligence» (Baudelaire, Spleen de paris, L). Ah mais pardon, en ces temps de crise, on doit vanter le chenil, ne plus flatter le chien. Chipotons ensemble le détail de répartition des milliards de l’assistance canine, chers amis progressistes. Tant il est vrai que chaque crise du capitalisme est pain béni pour l’étatisme – ses colliers, ses laisses, ses tatouages, ses pedigrees, ses éleveurs, ses dresseurs, bref tout ce que l’émancipation publique promet en lieu et place de l’aliénation privée.
30.9.08
Vous avez dit déconstruction ?
Derrida et consorts nous assurent que la déconstruction d’un texte en révèle les significations, lesquelles proviennent non de la référence à la réalité, mais de la structure même du texte, de la « différance » à l’œuvre dans ses énoncés. On a beaucoup glosé sur la dimension jargonnante et absconse de l’exercice. Je pense surtout qu’il est faux sur le principe, que la signification n’est jamais dans l’articulation d’un texte (en dehors des énoncés logiques, au sens qu’ils ont depuis Frege). On voit en revanche émerger une déconstruction d’un genre nouveau, bien plus radicale et bien plus dérangeante que celle des post-modernes mort-nés : le langage comme expression de types cognitifs-comportementaux, de systèmes de valeurs neurologiques et de fonctionnalités adaptatives. Lire nos énoncés à travers leur inscription corporelle et factuelle, évolutive et développementale – ou poétiquement, avec Niezsche, en y écoutant «la mélodie originelle des affects».
28.9.08
Providence, progrès, évolution
« La Divine Providence, ce sont les dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour toutes les créatures jusqu'à leur fin ultime », dit le catéchisme de l’Église catholique. L’idée moderne de progrès fut la laïcisation et l’historicisation de ce genre d’idée : au lieu de la sagesse divine, c’est la volonté humaine qui devait réaliser ses fins. Et il allait de soi que ces fins dictées par la raison étaient universelles, que tous les hommes trouveraient le bonheur dans leur accomplissement. Ni le providentialisme ni le progressisme comme plans de déploiement de la vie ou de la société ne sont compatibles avec l’idée d’évolution. Celle-ci nous enseigne l’indétermination ou l’imprédictibilité du futur : nul ne peut dire aujourd’hui ce qui sera adaptatif demain, nul ne peut anticiper les conditions optimales de survie et de reproduction, nul ne peut maîtriser les tenants et aboutissants des systèmes complexes ou chaotiques. Nous, humains, ne faisons jamais que des paris sur l’adaptation : celui qui se dit absolument sûr de ne pas perdre son pari est un idiot, ou un fou. À l’échelle du développement individuel, il est bien sûr loisible à chacun de fixer des objectifs qui, une fois atteints, seront considérés comme des progrès dans son existence. Et un groupe d’individus peut très bien se fixer de tels objectifs communs. Mais plus les individus sont nombreux et plus les objectifs sont variés, plus il est probable que leur réalisation produira des effets inattendus, contre-productifs ou contre-intuitifs, révélant du même coup des divisions dans l’appréciation des effets observés, incitant certains à se fixer d’autres objectifs que ceux initialement conçus, et pourquoi pas des objectifs contraires. Prendre ainsi de multiples directions, c’est le jeu de l’évolution.
27.9.08
26.9.08
Le dégoût des autres
Quand ils n’aiment pas leurs voisins, les humains ne le disent pas, ou rarement. Ils disent plutôt : cette catégorie pose problème à la société, à la moralité. C’est vrai à droite comme à gauche, chez les conservateurs comme les progressistes – n’importe qui peut vous désigner comme l’ennemi d’un concept, la menace pour une abstraction. Mais cette tentative de rationalisation en forme de généralité ne doit pas faire oublier la réalité : ce sont toujours des individus qui n’aiment pas d’autres individus, qui éprouvent quelque antipathie, et qui cherchent à la légitimer autrement que par leur seul penchant personnel. Je trouve tout à fait justifié d’éprouver de telles aversions, mais très injustifiable d’en faire des systèmes.
21.9.08
Nudité du royaume des fins
Toute chose existe selon une fin : voilà une erreur de base de la pensée, un vice caché de la conscience, une illusion cognitive de l’espèce. Le cerveau humain produit des propositions où figurent des fins ; et de cela, il infère que tout existe de la même manière, que tout répond à une fin, à commencer par son existence bien sûr. Non seulement les trois derniers siècles d’enquête scientifique suggèrent qu’il n’en est rien, qu’ajouter des fins est inutile à la compréhension de la réalité et relève d’un acte de foi ; mais même ce que nous percevons comme nos « fins » conscientes expriment pour l’essentiel nos désirs inconscients. Que l’on regarde donc un cerveau humain fonctionner, plutôt qu’ânonner les mêmes généralités infalsifiables qu’ânonnaient nos ancêtres.
16.9.08
Justice et morale prisonnières de nos sens
La justice comme la morale sont d’abord affaires de sentiments, d’émotions, de sensations. C’est la raison pour laquelle on a démontré l’existence d’une proto-justice et d’une proto-morale chez des animaux non humains, de même que l’on a observé l’activation des zones limbiques du cerveau dans les situations de dilemmes moraux. On aura beau démontrer par A+B que telle décision est juste, celui qui ressent des affects négatifs du fait de cette décision ou de ses conséquences la trouvera injuste. On aura beau fonder la morale dans le pur royaume d’une axiomatique rationnelle, celui qui est dégoûté, horrifié, effrayé par un acte, sa perspective ou ses conséquences le décrétera mauvais. Nos désaccords axiologiques résultent en dernier ressort de différences psychologiques et biologiques. Cela ne résout pas le problème de la décision juste ou du choix moral : cela montre que ce problème n’admet pas de solution unique dans l’ordre de la perception de ce qui est juste ou moral. Voudrait-on s’en sortir par une rationalisation de la question, l’on ne ferait que repousser le problème, puisqu’une bonne part des humains ne rationalisent pas cette question, et perçoivent la rationalisation elle-même comme injuste ou immorale. Les rationalistes : une tribu humaine parmi bien d'autres, ayant beaucoup de mal à se percevoir comme telle.
15.9.08
La lutte pour la surexistence (6)
La volonté de connaissance n’est en rien plus « pure », plus « désintéressée », plus « objective » que la volonté de puissance. C’est une seule et même chose, vue sous des angles différents. La dissociation idéaliste de la contemplation et de l’action exprime une incompréhension anthropologique, comme toujours, cela coulait de la même veine exsangue que la distinction du corps et l’esprit. Accroître son savoir, accroître son pouvoir, c’est toujours déployer depuis soi l’espace des mondes possibles.
14.9.08
Vers une athéologie politique
Ni la liberté ni l’égalité ne sont naturelles pour l’homme, raison pour laquelle ce sont des « idéaux » ou des « valeurs ». Ceux qui défendent ces idéaux estiment qu’ils sont valables pour tous les hommes, ce qui n’est pas le cas : nous savons bien que le désir de liberté et le désir d’égalité ne sont pas également présents chez les individus, en raison de dispositions psychologiques divergentes. Par ailleurs, un système où l’on maximise la liberté des agents et un autre où l’on maximise leur égalité ne sont pas compatibles, puisque la réalisation de l’égalité exige toujours des contraintes. On peut réfléchir à un seul système visant à équilibrer ces deux tendances contradictoires, ce qu’a fait Rawls par exemple sur le plan théorique, et ce que produit l’alternance politique droite-gauche (en sus d’autres divergences d’idéaux). On peut aussi se dire que rien n’oblige les humains à chercher un tel système unique, et qu’il serait préférable de les laisser développer des modes de co-existence conformes à leurs désirs. Ce qui nous en empêche, c’est notamment la « théologie politique » (C. Schmitt), c’est-à-dire le fait que l’État moderne a sécularisé l’ancien idéal ecclésial d’une organisation unitaire et autoritaire des affaires humaines. Les progrès de l’individualisation, de la différenciation et de la rationalisation devraient nous détacher de cette vision périmée.
11.9.08
Manipulation, cognipulation
Les humains se distinguent des autres primates, a fortiori des autres animaux, par leur faculté à percevoir des relations intentionnelles (dans le rapport aux personnes) et des relations causales (dans le rapport aux objets). C’est probablement une seule aptitude au départ : on peut faire l’hypothèse que la théorie de l’esprit et la théorie de la réalité sont deux facettes d’une même évolution cognitive dont nous ignorons à ce jour les étapes exactes. L’humain et ses ancêtres manipulent le monde, ce dont témoignent les artefacts, dès lors qu’ils ont compris et transmis les relations causales à l’œuvre entre des objets ; mais ils manipulent aussi bien les autres, ce qu’exprime le langage, dès lors qu’ils ont compris et transmis les relations intentionnelles à l’œuvre entre les personnes. Le langage est devenu ensuite un outil général de manipulation, la référence s’étendant à tous les objets possibles, la syntaxe à toutes les propositions possibles. Il faudrait d'ailleurs appeler cela une « cognipulation ». Dans les flux du langage et de la réalité, certains cherchent la vérité parce qu’ils soupçonnent cette disposition humaine d’être malveillante – ils ont l’instinct de cette malveillance, ils sentent ou savent combien il est facile d’être manipulateur ou cognipulateur, ils devinent autour d’eux des associations de malfaiteurs et de malpenseurs.
10.9.08
Le charnier de nos erreurs
La science est un immense charnier d’hypothèses défuntes, qu’elle a elle-même tuées après les avoir fait naître et grandir, comme autant de rejetons indignes d’elle. Il faut cet engrais pour assurer la croissance de rares théories. Le coût de ce processus est évident, puisque les hypothèses falsifiées sont bien plus nombreuses que les hypothèses vérifiées. Un problème de notre époque est qu’elle tend à aligner l’exercice scientifique sur le modèle de l’exercice économique : le retour sur investissement exige des résultats tangibles. Or, si les fausses pistes apportent toujours des gains intellectuels à long terme, elles n’assurent pas tellement de gains réels à court terme.
6.9.08
Du je au Il, physique de la subjectivité
Le dualisme corps-esprit imprègne notre pensée et notre langage : « Les athlètes sont au top du point de vue physique, et ils ont surtout un mental en acier » ; « tu es en forme, c’est dans la tête que cela ne va pas », « je pense donc je suis » (et non « je digère, je copule, j’urine… donc je suis »), etc. Que l’esprit et le corps soient un seul système biologique unifié, que le « je » ne soit pas une mystérieuse instance séparée et surplombante, que l’association de tout le système nerveux à tous les autres systèmes internes de régulation et à tous les systèmes externes de représentation produise ce « je » dont l’essentiel de l’activité cérébrale au cours de l'existence est inconscient, voilà qui peine à éclore dans nos représentations individuelles et collectives. Toutes les cultures ne sont pas aussi dualistes, le judéo-christianisme et ses suites modernes (cartésiennes, kantiennes, au-delà) le sont plus que d’autres. Mais la distinction corps-esprit n’est pas qu’un artefact culturel imposé aux individus par leur société d’appartenance, elle a aussi et surtout une base biologique chez l’individu, évolutive et développementale. L’émergence de la conscience a signifié l’émergence de la croyance dans un monde « séparé » dont le langage est l’outil. Il est préférable pour survivre de croire à ses propres représentations (je crois que si je mange cette baie, je vais mourir ; si je ne crois pas à la robustesse de ma croyance, je risque de mourir) et l’appropriation de telles croyances sera d’autant plus efficace qu’elles sont attribuées à un agent causal interne et unique, le « je » (qui meurt, qui meurt s’il mange ceci, qui croit qu’il meurt s’il mange ceci), ultime et unique instance arbitrale, sujet des propositions de son langage comme des actions de son existence. On peut faire l’hypothèse que dieu et ses équivalents cognitifs sont l’extériorisation de cette disposition représentationnelle interne : de même que le « je » serait un agent causal interne, séparé, capable de dominer le mental et d’ordonner le physique au mental, « Il » (dieu ou autre) serait un agent causal externe, séparé, ayant dominé et ordonné l’ensemble du monde à sa volonté. Vieille confusion entre l’Agent Interne et l’Agent Externe réputés omniscients dans leurs sphères respectives d’influence. Avant la « métaphysique de la subjectivité », il y a donc une physique de la subjectivité à explorer.
31.8.08
Invivable
Chaque proposition du langage ordinaire est déjà une conjecture. L’envisager ainsi serait invivable – la recherche de la vérité devient très vite invivable, en fait, c’est sans doute la raison pour laquelle elle occupe très peu de vies humaines.
30.8.08
La vérité évolue
« Le monde est tout ce qui arrive », et comme tel le monde n’est ni vrai ni faux, il est. La vérité est un dérivé tardif de la vie, un énoncé sur ce qui arrive formulé depuis la pensée. Elle est soit une relation de la pensée à elle-même (une fonction logique, vérité-cohérence), soit une relation de la pensée au monde (une fonction empirique, vérité-correspondance). Dans les deux cas, elle n’est pas une propriété du monde, mais du monde-pensé ou de la pensée du monde. La naturalisation de l’épistémologie suggérée par Quine revient à dire au final que la vérité évolue avec les cerveaux qui la produisent.
28.8.08
Rêveries
Il est fascinant de constater combien les rêves ne fascinent plus, en regard du passé humain. Les spiritualités chamaniques en faisaient grand cas, les religions antiques également. Ancien et Nouveau Testament en sont parsemés. Grégoire le Grand crut bon interdire l’oniromancie et ne reconnaître que les rêves d’origine divine. Freud fut finalement le dernier aboutissement de cette fascination multimillénaire et malgré ses prétentions scientifiques, la psychanalyse conserva au rêve sa fonction centrale de dévoilement d’une vérité cachée, en l’occurrence refoulée et travestie (« L'interprétation des rêves est, en réalité, la voie royale de la connaissance de l'inconscient, la base la plus sûre de nos recherches, et c'est l'étude des rêves, plus qu'aucune autre, qui vous convaincra de la valeur de la psychanalyse et vous formera à sa pratique. Quand on me demande comment on peut devenir psychanalyste, je réponds : par l'étude de ses propres rêves », écrit Freud in Cinq leçons sur la psychanalyse, 3e leçon, 1904). Nous savons maintenant que tous les animaux à sang chaud connaissent un sommeil paradoxal, que l’activité cérébrale y est intense, que le « rêve » humain s’inscrit dans ce cadre évolutif, que sa fonction neurodéveloppementale est probablement un tri des informations reçues pendant l’éveil et une consolidation des données pertinentes. S’il stimule encore la curiosité scientifique, s’il étonne toujours le rêveur à son réveil, le songe n’a plus aucune dimension magique, spirituelle, mystérieuse ou profonde, en dehors de quelques superstitions individuelles. Voilà après tout une définition de la modernité comme une autre : la première époque qui ne croit plus en ses rêves, qui ne leur attribue aucune valeur particulière, aucun sens décisif.
26.8.08
La vérité sans révélation ni soumission
De la proposition « la science est la discipline qui énonce des propositions vraies / vérifiables », on a tendance à déduire une sorte de devoir vis-à-vis des propositions scientifiques dans nos actions individuelles ou collectives : il faudrait admettre leur vérité, mais encore s’y soumettre. Un tel devoir n’est cependant inscrit nulle part dans la science elle-même, c’est une position morale. Elle est issue d’une mentalité religieuse qui prétendait elle aussi détenir la vérité (révélée, et non démontrée), et faisait en même temps de ce discours vrai un instrument de domination sur les corps et les esprits. Mais le chercheur n’est pas le prêtre, la science n’est pas une église. « Tout est bon », disait Feyerabend en défense de l’anarchisme épistémologique : les hommes peuvent tout à fait vivre et penser dans l’erreur si cette erreur leur est plaisante, voire salutaire ; et même d’un point de vue scientifique, les hypothèses ou conjectures les plus farfelues gagnent à être considérées et testées. Je considère pour ma part que la connaissance scientifique est bénéfique aux groupes humains qui la produisent et l’utilisent ensuite à travers l’innovation technologique, et qu’elle jouit d’une sélection socio-culturelle favorable dans l’histoire, les pensées logiques gagnant lentement du terrain au détriment des pensées magiques dès lors que la survie et la reproduction en sont dépendantes. Mais j’accepte volontiers, et en un sens je souhaite, que d’autres groupes humains produisent et utilisent d’autres discours.
24.8.08
Bon, beau, vrai
Le bon et le mauvais, le beau et le laid, le vrai et le faux : l’esprit mystique pense que tout est confondu, que le bon est nécessairement vrai et beau. Rien n’indique cette nécessité dans le monde : on doit supposer qu’elle n’existe que dans certains cerveaux, certaines visions du monde. Le mystique croit généralement que cette vision fait de lui un élu, il voit ce que personne d’autres ne voit, il en accorde le don à une puissance surnaturelle au lieu d’y voir le produit de son esprit. Pour ceux qui séparent ces propriétés, il y a le type moral (primauté au bon sur le vrai et le beau), le type esthète (primauté au beau), le type logique (primauté au vrai). Impossible de m’entendre avec le type moral : il m’indispose très vite, tout chez lui respire la contrariété, la pesanteur, l’acrimonie, le ressentiment, la femelle inquiète ou le mâle sourcilleux, les éléments les plus ennuyeux ou les plus venimeux de l’espèce humaine.
Mystique, logique
Ou je suis d’accord avec Russell : que le type mystique et le type logique sont deux manières inconciliables de penser, le premier produisant des erreurs (des énoncés faux). Ou je suis en désaccord avec Russell : que le type mystique serait bénéfique à la vie sociale de l’homme. Là aussi, il produit des erreurs, dès lors que la vie sociale en question excède quelques cercles restreints.
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