
Les chercheurs ont analysé les préférences des sajous sur les aliments, par exemple s’ils préféraient un bol de céréales à un morceau de fromage. Les singes se voyaient proposer ces aliments par paires, avec des quantités variables de chacun (1, 2, 4). Ensuite, les sajous ont été entraînés à associer des jetons avec chaque type de nourriture. Le but des chercheurs était de savoir si les choix des animaux vérifiaient le principe de transitivité, un élément de base de la décision rationnelle (si A≥B et B≥C, alors A≥C ou ≥ indique une préférence). Résultat : qualitativement, lorsque les animaux ont utilisé des jetons pour exprimer leur désir (au lieu de désigner l’aliment), ils ont respecté leurs goûts habituels et leur jugement était transitif. En revanche, quantitativement, les valeurs exprimées à travers les jetons divergeaient systématiquement des valeurs choisies face à la nourriture réelle. Par exemple, si un bol de céréales valait deux morceaux de fromages, un jeton pour les céréales valait plutôt quatre jetons pour le fromage.
Les singes assez éloignés de l’homme sont donc capables de raisonner dans un contexte symbolique comme dans un contexte réel, mais le calcul simultané sur les équivalents concrets en quantité de la représentation abstraite semble une épreuve cognitive trop complexe. On notera que les sajous ne diffèrent pas sur ce point des jeunes enfants humains, chez qui cette capacité se développe surtout après la troisième année.
Référence et illustration :
Addessi E. et al. (2008), Preference transitivity and symbolic representation in capuchin monkeys (Cebus apella), PLoS ONE 3(6), e2414, doi:10.1371/journal.pone.0002414
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